Il la viole pendant son sommeil après une sortie en boîte de nuit à Aubusson
Publié il y a 4 jours
Un homme comparaît devant la Cour criminelle de la Creuse pour viol sur une jeune femme dans son sommeil, alors qu’il était déjà en sursis probatoire pour des faits similaires. Le verdict est attendu ce vendredi 9 janvier
Le 11 septembre 2022, à Aubusson, le trentenaire est accusé d’avoir commis un acte de pénétration digitale sur une jeune femme, sans son consentement, alors qu'elle dormait à côté de lui.
Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 10 au 11 septembre 2022, à l’issue d’une soirée passée dans une discothèque d’Aubusson. La victime, âgée de 24 ans au moment des faits, est rentrée de soirée chez deux amies, qui hébergeaient aussi le prévenu. Comme elle était alcoolisée, ses amies l'ont couchée sur le canapé sur lequel se trouvait déjà le prévenu. Réveillée par une pénétration vaginale avec les doigts, sans avoir donné son consentement, elle s'est alors réfugiée dans les toilettes, en état de panique.
À la barre, l'une des deux témoins de la soirée rapporte également des propos attribués à l’accusé, que lui aurait confiés la victime, alors qu’elle s’était enfermée dans les toilettes pour lui échapper. Il aurait insisté à travers la porte en lui disant : « Dis-moi que ça t’a fait du bien, que ça t'a plu ». La témoin ajoute qu'il aurait répété : « J’ai rien fait, les filles, j’ai rien fait ». Il a pourtant reconnu les faits directement après, lors de son interrogatoire. La jeune victime s'est alors confiée à son amie : « Il m’a fait du mal ».
Déjà condamné pour les mêmes faits
Le prévenu a été placé en détention provisoire le 3 août 2024 pour ces faits, mesure qui a été prolongée jusqu’à sa comparution.
Cette comparution survient alors qu'il était toujours en sursis probatoire pour une condamnation antérieure, pour des faits d'agression sexuelle sur mineurs de plus de 15 ans commis en décembre 2018 ; faits pour lesquels il a été condamné à 8 mois d'emprisonnement assorti d'un sursis probatoire pendant 2 ans. Cette première condamnation incluait également un suivi médical obligatoire, l’interdiction d’entrer en contact avec la victime et des restrictions de déplacement.
« Très demandeur de câlins »
Quand le prévenu raconte son enfance, cette dernière est marquée par l’absence de ses parents, un parcours scolaire difficile, avec un retard important à l’entrée en CP et des difficultés d’apprentissage qu’il associe à son absence d’école maternelle et son hospitalisation de sa naissance à ses 7 ans pour une maladie.... Le jeune homme a grandi avec un suivi médical strict et a été pris en charge par une famille d’accueil, qui l’a accompagné dans son insertion scolaire et sociale.
L’experte insiste sur cette enfance singulière. L'enfant qu'il était a vécu ses sept premières années « en milieu hospitalier, sans aucune visite de quiconque ». Elle parle d’un « abandon », terme employé par l’accusé lui-même, en l’absence de figures parentales stables. « Il n’a pas pu construire de figure d’attachement durable », explique-t-elle, évoquant un manque de repères affectifs précoces. C'est pour cette raison qu'il devient « très demandeur de câlins ». Dans sa vie adulte, il a exercé différents métiers, principalement dans la cuisine et la restauration, et a fait preuve d’une certaine mobilité professionnelle.
« Il connaît les interdits »
Le prévenu reconnaissant les faits qui lui sont reprochés, est lucide. L'expertise psychologique explique même « qu'il connaît les interdits, et sait ce qu'est le consentement ». Il explique qu'il voudrait comprendre ses actes, pourquoi il y a une telle dissonance entre la connaissance des règles et les actes.
Le procès se poursuit ce vendredi 9 janvier. Le trentenaire encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle.